Projet particulier · Le Rheu (35)
Variation naturelle
Appartement en rez-de-jardin
À deux pas du centre du Rheu, cet appartement en rez-de-jardin, dans un écrin de verdure, dévoile tout son potentiel : des volumes pensés avec générosité, un voile de matières qui crée un cocon ouaté. Le beige serait-il le nouveau blanc ? Naturellement !
La propriétaire avait préparé son programme depuis quelques mois. Sur cette base, j’ai mené avec elle une réflexion sur sa façon d’habiter pour affiner ses besoins : optimiser les espaces et les rangements en redistribuant l’entrée, les WC et la salle de bains ; remplacer la baignoire par un bel espace douche et intégrer une buanderie ; agrandir le salon en récupérant le volume complet de la troisième chambre ; aménager l’espace repas avec un îlot de cuisine.

Le processus créatif
En même temps que le plan redistribue les fonctions, la maquette est une partie importante du processus : elle permet à l’œil de vagabonder d’une pièce à l’autre — ergonomie, optimisation de la lumière naturelle, esthétique. C’est l’outil indispensable pour affiner le concept main dans la main avec les clients.
Dès le début, la palette de matériaux et de couleurs fait partie du processus créatif : nos quatre sens sont sollicités pour donner à voir, à toucher, à sentir et à entendre. Le concept : oxygéner les volumes, allier fonctionnalité et esthétisme avec élégance, composer un décor pur mais jamais lisse. Le secret ? Ces touches de noir et de chêne massif des poignées, fil conducteur qui crée une tension et accroche l’œil.


L’entrée, comme une seconde peau
Le volume de l’entrée est réduit — il répondait auparavant aux normes d’accessibilité — pour intimiser l’accès aux toilettes et à la salle de bains, et créer un beau volume de rangement complémentaire. La porte pleine qui isolait la partie nuit est remplacée : pour conserver l’isolation phonique tout en faisant entrer le jour, une porte est dessinée sur-mesure, positionnée sous la poutre en béton et inscrite en tunnel dans la largeur de passage. Son écriture est légère — cadre fin en aluminium blanc, vitrage extra-clair — et dégage la vue vers le grand volume de la pièce à vivre, et au-delà vers le jardin.
À la manière d’une seconde peau, l’entrée est ponctuée de portes de placard en mélaminé effet doux beige et habillée de raphia enduit, déployant toute la douceur d’un badigeon nuancé (Elitis). Le sol d’origine, abîmé par des dégâts des eaux répétés, cède la place à un grès qui résistera à tout — et surtout exprime l’authenticité d’une belle minéralité, subtilement expressive sur l’ensemble de l’appartement pour augmenter la fluidité visuelle. Côté technique, la pose d’un carrelage au rez-de-chaussée d’un immeuble nécessite une pose spécifique pour respecter les normes d’isolation phonique.


La pièce à vivre — une nouvelle dimension
En récupérant le volume de la troisième chambre, la pièce à vivre respire enfin pleinement. L’équilibre des fonctions amène à repenser la place de la salle à manger dans le prolongement de la cuisine : la combinaison de l’îlot avec un grand plan repas est très vite adoptée, pour une agréable fluidité de circulation et une meilleure convivialité.
Le raphia bleu de Guède scénarise le vaste salon et donne de la profondeur au nouveau volume. La mise en lumière est pensée comme « un espace d’intimité graphique et transparent qui s’anime au gré des courants d’air », selon les mots de Constance Guisset, designer de la suspension Vertigo — choisie ici avec des rubans bronze pour leur tonalité chaude. Elle enveloppe le salon de sa présence singulière et onirique, tandis que côté repas, le voyage s’invite à travers l’évocation de lanternes dont le tissage d’éclisses de bambou diffuse une lumière chaude tout en douceur.
Lignes droites & arrondis · camaïeu de beiges · tissage végétal · métal noir · matité · doré · bambou tressé.


La chambre master & la salle de bains
Si la chambre master est calme — voilée de rose mat, animée d’un raphia au rose plus prononcé —, la salle de bains est théâtralisée par deux magnifiques faïences. La propriétaire souhaitait des notes de vert, comme pour se plonger dans un écrin de nature : un décor aux verts profonds, ponctué de gouttes de cuivre oxydé, lui donne une profondeur hypnotique. Il se déploie sur le mur principal recevant le meuble vasque, unifiant et agrandissant l’espace ; la robinetterie est choisie en harmonie, en finition rose brossé.
Le bel espace douche, en remplacement de la baignoire, devient très tactile grâce aux délicats reliefs de la faïence murale, le receveur coordonné pour une belle unité. Travailler l’espace à la virgule près ! L’espace étant contraint par la fenêtre, la vasque s’affirme dans une splendide tonalité vert profond à l’émail mat très sensuel, posée comme un bijou sur le long plan qui s’étire jusqu’à la douche. Le volume initial a été réduit, mais il paraît plus vaste : l’intégration des rangements et des machines — lave-linge et sèche-linge dissimulés — laisse à la vue l’essentiel, pour des espaces qui respirent.
De la conception à la réception des travaux, chaque étape a été menée en concertation avec ma cliente. Mon plus grand plaisir : livrer cet appartement et partager avec elle l’émerveillement du résultat. L’espace est un tissu sensoriel qui nous influence à chaque instant, pour vivre plus intensément !





Parlons de votre projet
Donnons vie à la de votre lieu.
Un premier rendez-vous, gratuit et sans engagement, pour évaluer la faisabilité de votre projet, à votre domicile, dans vos locaux ou par téléphone.