Projet particulier · Noyal-sur-Vilaine (35)
Sobriété intemporelle
Maison familiale des années 60
Dans cette maison familiale des années 60 progressivement rénovée, le projet concerne la pièce à vivre de 50 m². Au programme : organiser les circulations depuis le palier, repenser les cadres des vues intérieures, remplacer la cheminée ouverte néo-bretonne par un poêle, et créer un écrin agréable à vivre, ergonomique, reposant et harmonieux.
L’ergonomie est le point de départ de tous mes projets ; les premiers échanges portent toujours sur le mode de vie et les besoins. Notre métier nécessite aussi de comprendre les techniques de construction, les méthodes, l’histoire parfois. Un exemple ? Ce parquet semble avoir toujours été là. Pourtant, il est neuf et remplace trois revêtements — le travertin du couloir, le parquet sur lambourdes de la salle à manger, les tomettes du salon. Il a fallu élaborer une préparation adaptée à chaque zone pour obtenir un sol de niveau avec le carrelage conservé de la cuisine, tout en limitant les coûts.

La fluidité des passages et de la lumière
Le plan n’a pas été bouleversé : chaque fonction était naturellement à sa place. Depuis le palier, l’accès direct au salon est supprimé au profit d’une implantation plus généreuse ; le passage est marqué avec légèreté par une porte en aluminium et verre remplaçant la porte pleine — la vue étroite et profonde ménage la surprise vers les nouveaux volumes. Le remodelage se poursuit avec le passage vers la salle à manger, ouvert plus largement pour une sensation d’espace augmentée lors des réceptions.
Élargir aussi le cadre entre salon et salle à manger ? Les reprises de charge étaient conséquentes et alourdissaient le budget. Mes clients ont arbitré : privilégier un projet à la décoration aboutie — mobilier sur-mesure, éclairage soigné, voilages.


Le concept : sobriété intemporelle
Gagner en fluidité et en luminosité, insuffler une énergie contemporaine sensible, créer une bulle sobre en gris et blanc. Les nuances de gris se multiplient pour offrir un décor changeant qui régale l’œil autant qu’il l’apaise, de jour comme de nuit. Aux belles variations du parquet gris chaud (Panaget) répondent un placage de chêne gris foncé et un papier peint inspiré du raphia, enduit de badigeon nuancé (Elitis).


La salle à manger
La grande table de monastère en bois massif trônait déjà là ; ses dimensions et son caractère décalé convenaient parfaitement. Son plateau est rénové pour retrouver sa blondeur naturelle, son piètement peint dans un gris sombre bien contrasté avec le parquet.
Pour renforcer la cohérence, j’élabore une ligne de meubles à l’écriture tout en contrastes : piètement blanc à la tubulure fine, volumes monolithiques au placage de chêne gris foncé, lignes tendues et arrondis généreux. Ainsi prennent forme la double commode en angle, le meuble TV, la micro-console murale et une enfilade magistrale — la deuxième pièce maîtresse, dessinée sur-mesure pour occuper pleinement le mur d’appui et offrir un rangement de taille.
Pour finaliser la mise en scène, un halo de lumière dorée enveloppe le volume jour et nuit : le plafonnier aux dorures vibrantes diffuse ses doux éclats même éteint, en combinaison parfaite avec l’applique en verre et métal qui projette ses rayons sur le papier peint nuancé. Un combo céleste qui émerveille jour après jour !


Le nouveau passage & le salon
La transition vers le salon est calibrée avec précision : suffisamment ample pour installer un canapé confortable, elle s’appuie sur une double commode qui se retourne dans l’angle de la salle à manger. L’articulation des deux pièces est à la fois singulière et naturelle, comme si elle avait toujours été là.
Le salon, plus réduit que la salle à manger, devait être allégé pour équilibrer les deux volumes. Le poêle choisi et l’écran noir de la TV imposaient deux séquences subtiles : elles naissent du papier peint blanc matière textile de la collection Atelier d’artiste (Elitis), du décor onyx nuageux du carrelage derrière le poêle, et de la mise en lumière par deux appliques. Un accent de couleur froide réveille l’ensemble : le bleu nuit profond du velours du canapé, invitation affirmée à la détente, joue avec les verts des plantes qui adoucissent de leurs courbes un intérieur très orthonormé. L’ondulation des voilages, à la trame pure et à la teinte douce, complète la sensation d’enveloppe organique.
Lignes droites & arrondis · camaïeu de gris · feuille d’or · chêne grisé · matité · onyx · métal noir. Après des semaines d’études et de travaux, la quête de sobriété chaleureuse est atteinte grâce aux nuances inimitables des matières et à la mise en lumière. Une création à six mains, sous le signe du minimalisme chaleureux !






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